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Communauté d’artistes et de libres penseurs Projet Novalis - Montréal
La recherche du plaisir, de la liberté et de la réalisation de l’individualité, sont les uniques mobiles de la race humaine susceptibles d’acquisition, dans notre société, à travers l’œuvre créatrice.
Lettre ouverte #1 ~ avril 2000 ~ ... SVP, faites circuler ...
Ça fait bien deux ou trois ans déjà que le projet Novalis, communauté encore hypothétique d’artistes et de « libres penseurs ». Cette page décrit un projet passablement ambitieux : une communauté urbaine d’environ 50 personnes vivant ou oeuvrant dans un même lieu, véritable complexe de chambres, d’ateliers, de salles communes, avec une cafétéria, une fontaine d’eau dans le hall d’entrée, etc. Aujourd’hui, bien que cette vision grandiose demeure dans mon collimateur, ainsi peut-être que dans celui des 30 quelques personnes qui m’ont manifesté leur intérêt par e-mail ou dans des conversations sporadiques et exaltées, je préfère lancer le projet de façon plus modeste. Car je lance bel et bien le projet Novalis, après un long silence durant lequel le projet, rondement réalisé dans mes rêves et carrément au-dessus de mes forces dans la réalité qui fut mienne, m’a peu à peu, en même temps que je me guérissais de mon irréalisme, révélé ses conditions de possibilité, sa quadrature germinale très complètement désutopisée. Du moins je l’espère. Ce lancement officiel coïncide avec la première parution du projet dans le répertoire de la FIC (la Federation of Intentional Communities, www.ic.org/) -- heureux hasard, car je suis prêt maintenant à relever le défi posé par mes rêves ...ET leurs conséquences.
Un projet plus modeste, donc. Il me semble aujourd’hui qu’une colocation (ou plusieurs) à 12, 10 ou même jusqu’à 3 ou 2 personnes est tout à fait suffisante pour commencer. Mais on ne sait jamais... peut-être le fameux complexe décrit précédemment n’est-il pas si irréalisable à court terme. Cela dépend de la réponse que cet appel recevra. Mon objectif, pour l’été 2000, est (1) de trouver au moins un ou une coloc, mais idéalement davantage, avec qui louer un appartement ou une maison où seront aménagées au moins une des pièces communes que je décrirai ci-après et (2) de rassembler au moins une équipe désireuse d’oeuvrer à un des projets que je décrirai également ci-après. Dans une approche modulaire, des pièces communes pourraient aussi être aménagées à l’intérieur d’autres maisons ou appartements... L’idée, c’est de donner aux équipes, activités, projets et ateliers des espaces de réalisation en même temps que de favoriser les contacts et les échanges humains (ou sur-humains, qui sait...).
Afin de trouver ces personnes avec qui synergiquement m’associer, tout en donnant l’occasion à d’autres personnes intéressées par des projets similaires de s’associer entre elles, je propose une première rencontre, samedi le 15 avril à 11h (AM) au sous-sol du Commensal -- 1720 Saint-Denis, à Montréal, en invitant chacun-chacune à venir y décrire clairement (ou confusément, selon les goûts) ses visions (ou ses vélléités) de colocation, d’ateliers, de projets, de modules, de modes de vie, bref de modulus vivendi. C’est alors que nous verrons si des pièces du puzzle s’imbriquent les unes dans les autres et si les spores bien étalés sur la table, dans un souci de transparence, sont susceptibles de tisser entre eux des réseaux fructueux. Je vous invite, vous instille, que dis-je, vous exhorte à bien, à très bien penser aux structures, tant architecturales que relationnelles, à l’intérieur desquelles nos libertés pourront se déployer sans (trop) se heurter. Il s’agit, à mon avis, et c’est ce que je sous-entendais par le critère de « non-jalousie » dans la description du Novalis envoyée à la FIC (voir annexe ci-bas), d’atteindre à un respect des libertés respectueuses des libertés respectueuses... Etc. Sous les pavés des possessions exclusives, les plages d’espaces-temps associatifs et de projets collectifs. Ouais !...
Si, donc, nous démarrons un Novalis modulaire, battant différents pavillons, où s’en arrêteront les frontières -- qu’est-ce qui sera du Novalis, qu’est-ce qui n’en sera pas ? Je suggère que le nom Novalis soit réservé non pas à un endroit, mais à une entité, disons un *institut*, occupant fluidement plusieurs espaces-temps (donc un Novalis aux frontières fractales et sporadiques) -- un institut, donc, (très, très sérieux, soulignons-le) de recherche et développement en idéalisme magique (oui-oui, c’est bien cela), dont la charte reste à définir. Je ne veux pas penser cet institut tout seul dans ses moindres détails. Enfin, dans ses moindres détails, oui, mais pas tout seul. Invitation est ainsi lancée, comme ça, avec désinvolture (une désinvolture impliquée), de créer la chose. On me demandera peut-être, et je l’attendais impatiemment : « mais qu’est-ce donc que l’idéalisme magique ? » Tel que je le conçois, c’est tout smiplement (smic) un idéalisme qui marche, qui est effectif, qui soit (sans épate, mais quand même) l’outil convivial, quoi, et c’est entre autre en cela qu’il est magique. Je m’arrête là, de peur de gâcher l’effet... ?
Mes pièces du puzzle :
Voilà, en une brève visite, l’essentiel de mon rêve éveillé. Ne me dites pas que je rêve... je le sais ! S’agit-il donc d’un rêve lucide ? Quelques (autres) projets collectifs de Frédéric L. MIR :
Mais qui donc est Frédéric L. MIR ? Idéaliste par vocation, mais encore au seuil de quelque véritable réalisation. J’aime innover, créer, « tripper ». Mes domaines de prédilection sont l’écriture, les romans, l’idéalistique*, le rêve poétique, les arts visuels. J’ai réussi des morceaux, des « fragments », des esquisses, peut-être bien la substance d’idées germinales (« small is beautiful »). Maintenant que j’ai eu tout le temps de méditer je sais bien qu’il n’y a rien comme la pratique. Me voilà aujourd’hui, à trente ans, artiste inaccompli, penseur éparpillé (free tinkerer), écrivain hyperflemmard, génie sporadique, etc. Mon verdict médical ? Je me prescris un mode de vie plus convivial, la fréquentation, voir même la proximité, de groupes oeuvrant collectivement et de concert, toujours dans le plus grand consensus possible, cela impliquant bien entendu une grande souplesse et de bons réflexes. Donc, de l’exercice, de la pratique, et même hop ! un petit effort de temps en temps.
* Idéalistique : science appliquée (d’où le « tique ») consistant, d’une part à commencer des projets par leurs aspects prédilectionnels et aussi (c’est l’autre part) à commencer beaucoup de phrases par « idéalement » ou quelque équivalent joliment sophistiqué.
ConclusionEn espérant que cette lettre soit instigatrice d’une aventure transformante et roquembolesque, fondatrice d’un bourdonnant nuage de communautés multicolores et d’autres projets aussi fertiles en associations tripantes qu’ajustés dynamiquement, aux goûts souples et consensuels de la constellation des êtres qui y participeront
Frédéric L. MIR Avril 2000 Pour vous abonner à l’envoi des lettres ou de messages vous informant qu’une lettre a été ajoutée à l’archive, ou pour faire parvenir une lettre ouverte aux abonnéEs des Lettres ouvertes du projet Novalis, SVP, écrivez au comité des Lettres ouvertes, lesquelles sont présentement dispatchées par moi : flemire (at) cam.org. ancien site: http://www.cam.org/~flemire/archipel/fr/archipel.htm |
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R. Mayerl
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