http://www.habiter-autrement.org News > Tendances >Vos commentaires sur cette page

Tendances


 


Précédente ] Accueil ] Remonter ] Suivante ]
 

Jardins suspendus  

Source: http://quotidien.nouvelobs.com/conseils/jardins/articles/jdmonde/agrement/jdm74.html

Inventés par les Babyloniens, relancés par les artistes new-yorkais et les yuppies, les toits de verdure se démocratisent. Aménager sa terrasse en serre tropicale ou en cloître urbain est devenu un must parisien.

Sur les toits... la jungle. Ce pourrait être le slogan de Camille Muller, qui, en plein coeur du quartier populaire du faubourg Saint-Antoine, a transformé le sommet de son habitation en l'un des jardins-terrasses les plus fous de la capitale. Y accéder relève du parcours initiatique. De l'ancien atelier d'ébéniste dont ce paysagiste de renom (1) a fait son lieu, on emprunte un périlleux dédale d'escaliers en colimaçon qui mènent au ciel. Ou presque. Là, le visiteur est accueilli par une singulière accumulation végétale. Celle-ci fait presque disparaître le zinc de la toiture. Une avalanche de plantes : vigne, ipomée bleue, framboisiers, balsamines s'accrochent aux murs et en retombent en cascades. Un pigeonnier chiné aux Puces signale la présence de nombreux oiseaux en cette oasis de verdure. Surgi des broussailles, un nain furibond ajoute une note kitsch à l'ensemble. On se prend à penser qu'il fait parfois bon vivre à Paris.

Depuis quelques années, les jardins de la capitale prennent de la hauteur. Construits sur dalle ou en pleine terre, ils se déploient sur les terrasses des immeubles, où l'ensoleillement est plus favorable qu'au sol. Les premiers jardins-terrasses sont apparus sur les Champs-Elysées dans les années 30. Ils étaient alors l'apanage de quelques magnats. Depuis ceux de Babylone, considérés comme une des sept merveilles du monde, les jardins suspendus symbolisent en effet pouvoir et fortune. Aujourd'hui, si elles demeurent réservées à une élite de cadres supérieurs et d'artistes, ces « terrasses vertes » se sont en quelque sorte démocratisées. On en repère à vol d'oiseau dans tous les arrondissements. De dimensions en général modestes, elles vont du simple coin de toit aménagé à l'aide de quelques bacs de plantes et de deux pliants jusqu'au cent mètres carrés de végétation luxuriante.

Depuis les années 80, on peut parler d'un véritable phénomène de mode. Celui-ci s'inspire à la fois des Etats-Unis à New York, chaque parcelle de toit est peu ou prou utilisée en jardin ­ et de l'Italie, où les terrasses font partie d'un art de vivre en douceur. La vague écologiste a, bien sûr, sa part dans cet engouement. Les jardins-terrasses expriment des mentalités nouvelles. Les cadres supérieurs travaillent de plus en plus. Plutôt que de passer le samedi matin dans les embouteillages pour partir en week-end, ils préfèrent prendre leur petit déjeuner juchés sur leur nid de verdure. La terrasse est un must : on aime y recevoir, y organiser des soirées. Un must coûteux, bien sûr : compter à l'achat environ le tiers ou la moitié du prix du mètre carré construit. Mais qui ajoute une pièce à l'appartement. D'où une demande forte que les promoteurs ont su saisir et exploiter. Pour eux, une terrasse représente de la superficie supplémentaire à louer ou à vendre. Elle permet en outre de respecter les quotas d'espaces verts définis par la Ville. Quant aux architectes, ils en prévoient de plus en plus sur leurs plans pour mieux faire passer leurs projets. Les immeubles à gradins en offrent ainsi au niveau de chaque appartement.

(1) Egalement auteur d'un superbe ouvrage : «les Jardins poèmes de Camille Muller »

  (Editions du Chêne, 1996)

 
 

Précédente ] Accueil ] Remonter ] Suivante ]

up

 Contact pour envoyer votre contribution:  < Email Webmaster  >  Roland  Mayerl
(fichiers word, pdf, , textes, images, vidéos, références, contacts, bibliographie, lien ... )
Précisez bien la page (titre, dossier, adresse URL via "Propriétés" dans votre navigateur)
 
 Vos commentaires :

 





 

up