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Habitat au féminin - Bibliographie
HABITAT AU FEMININ
Ursula Paravicini
Préface de Michelle Perrot
Presses Universitaires
Romandes, 1990 (177 p.)
Née à Buenos Aires, Ursula
Paravicini est architecte diplômée de l’EPFL (1969) et docteur ès
sciences (1988). D’abord responsable de projet pour le compte de
collectivités locales à Londres, elle vit ensuite à Paris où elle
collabore à des projets d’habitat social pour la ville du Havre avant
d’être nommée professeur d’architecture et d’histoire des villes
à l’Ecole Spéciale d’Architecture. Depuis le début de 1989, elle
est architecte en chef de Honegger Technique, bureau genevois possédant
une longue tradition de réalisations de grands projets d’habitat.
Les cuisines trop petites,
les salles de bains étriquées, les placards et espaces de rangement
inexistants, les habitations reléguées en périphérie des villes, les
équipements de quartier insuffisants, et si un tel constat désignait
la place de la femme dans notre société? Et si l’assignation du sexe
faible à l’espace domestique ne correspondait plus à l’évolution
des modes de vie?
C’est à ces questions que
tente de répondre Ursula Paravicini dans une véritable fresque
historique et culturelle de l’habitat. L’auteur démontre à l’aide
d’exemples de trois types d’urbanisation de quelle manière la
séparation progressive entre habitat et lieu de travail a forgé un
univers domestique et, complémentairement, a assigné un rôle à la
femme: celui de mère et de ménagère.
En étudiant l’habitation
dans des agglomérations urbaines caractéristiques du développement de
la société industrielle, l’auteur dégage les liens qui se sont
tissés entre le rôle de la femme et le projet architectural et urbain.
Préface de Michelle Perrot:
Peut-on faire de la ville et
singulièrement de l’habitat une lecture sexuée? Comment la place des
hommes et des femmes s’y inscrit-elle? Leurs relations marquent-elles
le quartier ou les usages de la maison? Sont-elles un élément de
compréhension et de changement?... L’espace domestique se lit comme
un produit extrêmement complexe, où se croisent des stratégies
politiques et des tactiques infimes dont les femmes sont les cibles et
les agents privilégiés, où se superposent des références et des
projets divers. Un quartier, une maison - que dire d’une ville! - sont
des palimpsestes dont le déchiffrement requiert la connaissance de
plusieurs écritures. L’espace domestique a une histoire aux
dimensions multiples qu’il importe de comprendre pour mieux le
maîtriser. Pour le rendre, surtout, aux femmes et aux hommes qui l’habitent.
Ursula Paravicini:
Au terme d’un long
processus d’expérimentation en matière d’architecture domestique
se met en place, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, un
modèle de référence architectural et urbain qui oriente de manière
décisive la production du logement de masse de l’après-guerre.
Encore présent aujourd’hui, ce modèle paraît de plus en plus
rigide, au point de devenir un frein à toute innovation architecturale.
Ne tolérant que des variations infimes quant aux standards de confort
et aux configurations spatiales, marqué par une fonctionnalisation
poussée des espaces, il ne suscite pourtant que peu d’interrogations
de la part des concepteurs qui continuent à le reproduire sans grands
changements.
Or le plus souvent maîtres
de l’ouvrages et architectes ne sont guère conscients des valeurs qu’ils
contribuent à véhiculer en se référant à un modèle hérité du
passé. Comprendre le contexte économique et social dans lequel ce
modèle d’architecture domestique a pris naissance, saisir les
pratiques et représentations qui sont à son origine, cerner les
conditions techniques et architecturales qui lui ont donné forme,
évaluer enfin, sa signification sociale actuelle, autant d’éléments
qui nous semblent être des préalables pour remettre en question un
modèle qui emprisonne le présent dans le passé, donc pour concevoir
autrement l’habitat de demain. En tant que femme architecte, il m’apparaît
particulièrement important de mettre en lumière les valeurs que
sous-tendent ces modèles architecturaux, car l’organisation de l’espace
renvoie à une certaine conception de la famille, à une définition des
rôles sociaux et des rapports de domination du mari à la femme, des
parents aux enfants.
Recherchant des explications
dans l’histoire, nous retraçons dans ce livre la généalogie de l’espace
domestique en l’articulant aux transformations économiques et
sociales des XIX° et XX° siècles, aux mutations du monde de travail
et aux rapports des sexes...
C’est au siècle dernier
que naît ce rôle de femme au foyer sur lequel repose le modèle
domestique bourgeois. Avec des décalages dans le temps, les bourgeoises
se transforment en femmes d’intérieur. La vie quotidienne est
dorénavant focalisée sur la chaleur et le confort d’un espace
domestique synonyme d’espace privé que leur action de maîtresse de
maison contribue à formaliser. Ce nouveau rôle au sein de la famille
restreinte est valorisé par des moralisateurs et éducateurs dont le
discours forge lentement l’image d’une femme douce et disponible
pour les siens, en retrait du monde professionnel et politique...
En définitive, c’est à
travers le modèle bourgeois que philanthropes et éducateurs tentent d’imposer
aux couches populaires un mode de vie calqué sur celui de leur propre
classe...La femme ouvrière doit être éduquée de façon qu’elle
devienne l’égale de la bourgeoise, une mère dévouée et une
ménagère avertie qui non seulement intègre les valeurs domestiques,
mais qui les fait également respecter par les autres membres de la
famille. La femme ouvrière est choisie comme courroie de transmission
de l’idéologie dominante. Le logement, par les valeurs qu'ils
sous-tend, exerce une pression de moralisation certes voilée, mais pas
pour autant moins efficace Dans un logement minimal dans lequel l’usage
du moindre recoin est prédéterminé d’avance par les architectes qui
se font les protagonistes des valeurs bourgeoises, les espaces dictent
à la ménagère des gestes et comportements domestiques nouveaux....
Seuls les équipements
collectifs se présentent comme des pôles potentiels d’une vie
collective de quartier. Lieux de rendez-vous obligés, les espaces d’entrée
aux crèches et aux jardins d’enfants, aux maternelles et écoles sont
autant de lieux de rencontres et de vie sociale de quartier. Dès lors,
redéfinir les frontières entre l’espace privé et l’espace public,
accorder un nouveau souci architectural tant aux espaces publics qu’aux
espaces semi-privés/semi-publics aux abords du logement, c’est
encourager la volonté des femmes de sortir de l’espace domestique
privé pour investir l’espace public du quartier.
ARCHITEKNINEN
Ideen-Projekte-Bauten
Verena Dietrich
Verlag Hohlhammer, 1986 (196
p.)
Présentation des
réalisations de 140 femmes architectes d’Allemagne, de Suisse et du
Danemark
Introduction:
Les femmes font-elles une
autre architecture? Question rituelle, question simpliste et naïve.
Une question en réponse à
cette question classique: une autre architecture, pour quoi faire?
Les pièges à l’encontre
des femmes architectes:
- considérer leur gentille
différence comme exotique et les abaisser du rang de sujet à celui d’objet
- leur demander de définir
cette différence avant de savoir ce que cela peut seulement vouloir
dire
- les confiner dans des
cadres étroits avant qu’elles aient la possibilité de s’exprimer
librement
- limiter leurs compétences
à quelques domaines spécifiques pour éviter qu’elles puissent avoir
une compétence universelle comme pour les hommes
- leur demander des preuves
de compétence “parce qu’elles sont différentes”
- l’utilisation d’appellations
diffamatoires comme “émancipée” qui a pour but de se moquer d’elles
- dernier argument: mais
pourquoi ne pas chercher de solutions en commun?
... la question n’est pas
de savoir en fin de compte si les femmes font une autre architecture,
une meilleure architecture, mais de permettre aux femmes d’exister en
tant qu’architectes pour faire de l’architecture de qualité et
authentique.
WOMEN IN ARCHITECTURE
a contempory perspective
Clare Lorenz
Rizzoli International
Publications, 1990 (144 p.)
Ce livre est une
célébration en l’honneur du travail de cinquantes femmes architectes
de vingt pays différents.
Introduction:
Questions habituelles:
“ Existe-t-il des femmes
architectes importantes?” Il y en a, dans certains pays plus qu’en d’autres,
trop souvent méconnues en tout cas.
“ Est-il possible de dire
en le voyant qu’un bâtiment a été dessiné par une femme ou un
homme?”
Certaines architectes
affirmeront que non, elles demandent à être jugées sur leur
architecture un point c’est tout, d’autres argumentent que les
approches d’un sexe à l’autre sont totalement différentes, les
femmes travaileraient en particulier et de façon consciente dans les
domaines d’une architecture plus humaine.
Statistiques: pourcentage de
femmes architectes en Australie: 3%, aux USA: 5%., dans les Pays
Nordiques: 20%. (données de 1989)
Nombres d’étudiantes en
première année d’étude en Grande Bretagne en 1987: 48%; en Norvège
en 1988: 64%.
This book is a celebration of
the work of contemporary women architects(50) from twenty different
nation states.
Introduction
“Are there any leading
women architects?” I am happy to report that indeed there are, more in
some parts of the word than others, and that thenumber is growing...
“Is it possible to tell
whether a building has been designed by a woman or a man?”
Some women in this book would
reply ‘No, of course not. The gender of the architect is quite
irrelevant.’ While strongly maintaining that they should be judged by
their architectural work, others would argue that the two sexes have
fundamental differences of approach to design, and that women should
recognize their own value in what is still predominantly a man’s
world, and use consciously in the search for more humane architecture.
Statistics: women architects
in Australia: 3%; USA 5%; Nordic countries 20% (1989)
the entry for the first year
women students in London: 48% ine 1987; in Norway: 64% in 1988.
MODE D’HABITAT ET ROLE DE
LA FEMME
DANS LA PRESSE FEMININE ET LA
PRESSE DE LA MAISON
Université des Sciences
Sociales de Grenoble
Institut de Recherche
Economique et de Planification
Avrillier R.; Goyet G.;
Mingasson D.
Ministère de l’Equipement
Direction de la Construction
marché n° 74 61 507
décembre 1976 (note de synthèse 20 p.)
Deux questions sont posées:
- la presse féminine et
spécialisée dans l’habitat peut-elle être un moyen de faire passer
des connaissances entre les producteurs de logements et les usagers de
ces mêmes logements? Peut-elle permettre aux usagers de collaborer plus
efficacement à l’élaboration de leur habitat?
- les changements qui
affectent actuellement les rôles des femmes que l’on présente si
souvent comme l’un des événements majeurs de la société
contemporaine se traduisent-ils ou essaient-ils de se traduire par des
changements dans l’habitat, son organisation et son usage...
Les éléments principaux mis
en évidence sont les suivants:
- des changements importants
se sont déroulés sur les 10 dernières années, malgré les entraves
et des mouvements contradictoires: le développement du travail
rénuméré des femmes et, au delà, son intégration dans les
mentalités courantes comme un fait non scandaleux; l’ouverture de la
voie de l’autonomie corporelle des femmes (contraception-avortement),
sont les deux principaux.
- en même temps, la
nécessité de stabilité sociale du système se conjugue avec le
développement de l’idéologie de la féminité pour prôner une
valorisation toujours plus poussée du foyer et de l’idéologie
familiale.
L’éclatement du temps des
gens en deux parties opposées, celle du travail et celle hors du
travail s’y ajoute pour faire de la maison le lieu et le moyen du vrai
bonheur, le bonheur familial.
- l’idéologie de la
féminité a intégré la “modernité” en appuyant sa recherche de
bonheur sur un nombre d’objets toujours croissant. L’abondance
matérielle, dans tous les domaines, fait partie de l’image de la
féminité. La maison est bien entendu l’un des secteurs où cette
abondance pourra s’exprimer.
- l’idéologie féministe
remet radicalement en cause le logement tel qu’il est actuellement, c’est-à-dire
utilisé dans le cadre familial, comme lieu de l’oppression
spécifique des femmes, le lieu de leur enfermement et de leur
atomisation en tant que groupe social. Son mot d’ordre peut se
résumer à: “femmes, quittez la maison !”.
Les points-clés qui ont
été mis en valeur sont les suivants:
• l’antagonisme
habitat/habiter
• l’inégalité absolue
de pouvoir entre les producteurs et les usagers du logement. Le mode de
production du logement place tous les éléments du pouvoir entre les
mains des producteurs
• l’interventionisme de l’Etat
• les difficultés qu’ont
les luttes collectives à se développer sur des terrains situés
hors-travail, comme l’habitat.
Or sur ce dernier point la
spécificité de la condition féminine est un POSSIBLE catalyseur de la
remise en cause des coupures “vie dans le travail” - “vie hors
travail” et luttes dans le travail” - “luttes sur le cadre de vie”.
De cette remise en cause peuvent naître de nouvelles conditions de
luttes sur l’habitat.
Conclusions:
. la presse joue un rôle de
maintien du conformisme social
. sa démarche est l’atomisation
(étude de cas) et non la cristallisation
. le rôle de vecteur
essentiel pour l’écoulement des marchandises et le martelage d’un
mode de vie dominant, font que la presse ne peut envisager de remettre
en cause l’habitat existant.
LIEUX ET MILIEU DE VIE
Recherches Féministes Vol. 2
n°1 1989
Université Laval Québec
Canada (178 p.)
L’environnement a-t-il un
genre?
Denise Piché
Les société façonnent
leurs milieux de vie et, en retour, ceux-ci forgent leurs habitants.
Lieux et milieux de vie témoignent en ce sens des rapports sociaux,
notamment des rapports de genre, qu’ils contribuent à renforcer et à
reproduire... Les structures environnementales ne sont pas figées dans
le temps. Elles sont constamment transformées, aménagées,
réaménagées en interaction avec les transformations de société. On
ne s’étonnera donc pas que le mouvement des femmes agisse sur l‘aménagement
de l’environnement... L’environnement n’a peut-être pas de genre,
mais les contributions à ce numéro de Recherches féministes
suggèrent l’idée que, produit, vécu et pensé à travers les
rapports de genre, il n’est pas non plus neutre...
De la maison bourgeoise à la
maison moderne
Carole Després
Si les propositions urbaines
des modernistes, en assimilant la conception de la maison en tant que
domaine de la femme, ne firent que glorifier les idéologies bourgeoises
de la “maison forteresse” et de “la femme au foyer”, leur
réforme esthétique a modifié, par ricochet, la relation symbiotique
sensibilité féminine/esthétique bourgeoise qui existait dans la
configuration symbolique de l’intérieur domestique. C’est dans
cette perspective que le retour à l’héritage esthétique du XIX°
siècle dans nos maisons contemporaines mérite notre attention...
Femmes et espace publics:
l’appropriation des lieux
et la maîtrise du temps
Irène Cinq-Mars et Charles
Perraton
La question de l‘appropriation
des lieux et de la maîtrise du temps par les usagères des espaces
publics (parcs, squares, etc.) soulève le problème d’une pratique
spatiale dont les allées et venues sont marquées du double signe de l’interdit
et de l’exclusion...
Les problèmes communs à l’aménagement
des espaces publics extérieurs peuvent être identifiés à l’aide de
trois indices fondamentaux: la nature et l’intensité de l’occupation
de l’espace, le degré de ségrégation entre les sexes dans l’environnement,
le degré de contrôle et d’autorité sur les espaces... le sens des
espaces est l’objet d’un enjeu entre producteurs et usagers...
[analyse de la situation dans un square et une rue piétonne à
Montréal)... En reconnaissant à tous le droit à l’appropriation de
l’espace et à la maîtrise du temps, le parti de l’humanité ne
souscrirait-il pas au principe éthique de l’intersubjectivité et à
celui, esthétique de l’expression?
Femmes locataires en liberté
surveillée
Ruth Pilote
Quarante pour cent des femmes
interrogées (un quartier de Montréal) se sont vu refuser un logement
pour des raisons discriminatoires évidentes (présence d’enfants
12,5%, prestataire d’aide social 11,5%, être une femme 10,1%).
Quarante-huit pour cent des femmes interviewées ont connu une forme ou
l’autre de harcèlement-intimidation... Le groupe
Information-Ressources Femmes et Logement a pour objectif depuis 1986 l’information,
la sensibilisation et l’éducation en ce qui a trait au logement de
femmes... Colloque “femmes et logement” 1988...
(1200 rue Laurier Est
Montréal H2J 1G9 T: 514 272-9304)
La politique municipale:
un lieu d’intervention sur
l’environnement quotidien
Ginette Busque
Mise au point par la
Fédération des femmes du Québec (1265 rue Berri Bureau 820 Montréal
H2L 4X4 au 514 844-7049) d’un outil de formation intitulé: “La
politique municipale: un outil à notre portée”: agir sur son
environnement (logement, transport, parc, espace vert..; programmes d’accès
à l’égalité, services de garde, règlements sur la
pornographie...)...
Des ville au féminin:
projets d’ici et d’ailleurs
Denise Piché
Trois modes d’intervention
urbaine sont privilégiés par les femmes: le projet, l’action urbaine
et l’urbanisme.
Milieux de vie nouveaux qui
répondent aux besoins des femmes: au XIX° siècle, le socialisme
communautaire des Owen, Fourier, Considérant, de nombreuses féministes
utopistes participent au mouvement, notamment aux Etats-Unis et
plusieurs autres s’en inspirent: Martha Mc Whirter, Marie Stevens
Howland, Alice Constance Austin, Charlotte Perkins Gilman... Au coeur de
la recherche la collectivisation des tâches domestiques: les
révolutionnaires russes l’évoqueront comme moyen nécessaire à l’égalité
des femmes. Encore aujourd’hui rêver la ville non sexiste, c’est
miser sur la mise en commun, par exemple par le biais de coopératives d’habitation,
de services et de production comme en Hollande, au Danemark, où on a
construit plusieurs ensembles ou villages expérimentaux tournés vers
les échanges de services et la vie communautaire: on constate que la
participation des femmes du milieu y tient une place privilégiée. Bien
qu’ils pêchent par leur idéalisme, et peut-être même par leur
utopisme, les projets de ville au féminin ont le mérite de faire la
démonstration qu’on peut penser la ville autrement et redéfinir les
priorités de l’urbanisme...
THE GRAND DOMESTIC REVOLUTION
A History of Feminist Designs
for American Homes,
Neighborhoods and Cities.
Dolores Hayden
The MIT Press 1983 (367 p.)
Ce livre évoque les
premières féministes aux Etats-Unis qui ont dénoncé l’exploitation
domestique des femmes par les hommes et qui la cause principale d’inégalité.
Pendant que d’autres faisaient campagne pour des changements d’ordre
politique ou social, les féministes “matérialistes” se
concentrèrent sur les enjeux économiques et d’organisation des
espaces. Pour contrer les modèles d’espaces urbains et domestiques
qui isolent les femmes et rend leur travail ménager invisible,
celles-ci développèrent de nouvelles formes d’organisations de
voisinage, comprenant des coopératives de femmes, de nouvelles
typologies, des logements sans cuisine, des services de jour, des salles
à manger communautaires... Pendant près de 60 années les féministes
matérialistes défendirent une idée force: les femmes se doivent de
créer des habitations féministes avec collectivisation du travail
ménager et comprenant des services de garde des enfants.
Hayden décrit les
différentes utopies et essais de modèles d’habitat alternatif
imaginés et réalisés par des femmes aux Etats-Unis (habitat
collectif, coopératives) en précisant leur contexte politique et
social.
FAMILLES MODES DE VIE ET
HABITAT
Nicole Haumont et Marion
Segaud
L’Harmattan 1989 (326 p.)
Réduction de la taille
moyenne des familles, augmentation du nombre de ménages composés d’une
seule personne et des familles monoparentales, autant de transformations
qui affectent aujourd’hui la démographie des familles françaises. Il
était intéressant de susciter, sur ces questions, des observations
venues d’autres pays et aussi de rapprocher les informations
socio-démographiques de celles qui portent sur les structures des parcs
de logements et sur leur occupation.
Les modifications
démographiques dans les pays industrialisés s’accompagnent de
changements dans les modes de vie. Cela induit-il une nouvelle demande
de logement ou ne convient-il pas d’élargir les termes de la question
à l’environnement physique et social?
Maîtres d’oeuvre et
maîtres d’ouvrage trouveront ici des éléments de réponses aux
problèmes auxquels ils sont confrontés.
Ce livre restitue les actes d’un
colloque international qui s’est déroulé à Arc et Senans en
septembre 1987. Il constitue l’une des manifestations du réseau “Housing”
de l’IAPS (International Association for People and their Physical
Surroundings). Un des premiers objectifs du colloque était de
connaître jusqu’à quel point les changements observés dans les
structures des ménages en France était le fait dans d’autres pays
industrialisés et quels prolongements cela entraînait dans la
structure du parc des logements. Un second objectif était de mieux
appréhender les conséquences des transformations socio-familiales sur
la conception des logements.
Intervenants :
. Evolution des structures
des familles urbaines et du logement en Turquie , Murat Balamir
. Evolution des structures
familiales et conséquences sur l’habitat en France, Catherine
Bonvalet
. Cycles de vie, réduction
des ménages et besoins en logement aux Pays-Bas, Pieter Hooimeijer
. Développement des villes
nouvelles industrielles et
transformations des
structures familiales en Hongrie, Victoria Szirmai
. Tendances de la famille
anglaise et logement, Mélanie Henwood
. Transformations
socio-familiales et aménagement de l’habitat:
le cas de la maison
unifamiliale aux Etats-Unis, Anne Vernez Moudon
. Flexibilité du bâti et
transformations sociales, Ernest Schoffham
. Habitat et habitants à
Genève: une perspective historique du logement populaire, Roderick J.
Lawrence
. Les familles bourgeoises
françaises au XIX° siècle: pratiques sociales e
et transformations de l’espace
de l’habitation, Claude Bauhain
. Configurations domestiques
et reconquête de soi. Pour une prospective connotative de l’habitat,
Pascal Amphoux
. La maison communautaire
comme nouveau style de vie, Béatrice Kesler
. Nouveaux styles de vie et
nouvelles formes d’habitat, Tony Weggemans
. Divorce et logement,
Kathryn H. Antony
. Mode de vie, dynamique
familiale et construction de l’identité: les familles monoparentales
en France,
. Perla Korosec-Serfaty,
Véronique Jecker, Béatrix Farendla
. Structures familiales et
modèles territoriaux, Vitorria Giuliani, Giuseppina Rullo, Cristiana
Bacaro
. Décohabitation familiale,
rapports entre générations et mobilité résidentielle,
le cercle familial: un défi
par la planification, Louise Nyström Gaunt
CANADIAN WOMAN STUDIES
LES CAHIERS DE LA FEMME
WOMEN & HOUSING
A York University Publication
Fall 1990 (Volume11, Number
2) (96 p.)
L’Arbre de vie
Lucienne Lacase-Lovsted
Un rêve se concrétise,
prend racines. Celui de la construction prochaine d’une coopérative d’habitation
à but non lucratif pour femmes. La coopérative “L’Arbre de vie”
à Toronto est un complexe de cinquante unités d’habitations, conçu
pour abriter des femmes francophones de tout âge, seules ou avec
conjoint et famille, canadiennes de souche ou immigrantes,
mono-parentales, filles-mères, victimes de violence ou handicapées. Ce
projet est né -“marrainé”- par le Réseau des femmes du Sud de l’Ontario
à l’occasion d’une rencontre d’un groupe de femmes haïtiennes
avec pour objectif de se procurer des logements à prix abordables. La
pénurie de logement et le prix prohibitif de ceux qui existent
condamnent sans merci la femme battue ou accablée par les exigences
sexuelles ou verbales de son conjoint, à subir un état de vie qui la
dévalorise et l’amène à la dépression. Faute de logement à prix
abordable, la femme est maintenue dans une situation d’esclavage moral
et physique révoltante.
Le rêve qui paraissait une
utopie trouva peu à peu ses marques:
Deux importantes adapatations
aux règles initiales furent adoptées:
La première est de permettre
que des hommes habitent la coop, car il n’est pas concevable pour des
femmes de certaines cultures de vivre sans hommes. Mais à “L’Arbre
de vie”, la femme sera signataire du contrat, donc maîtresse chez
elle: en cas de problème, c’est l’homme qui devra quitter les
lieux.
La seconde modification
importante fut d’étendre l’invitation à des femmes sans problèmes
aigus, afin que la coop ne devienne pas un ghetto sans issue, les
relations de bon voisinage, l’amitié et l’entraide créant des
liens spontanés bénéfiques à toutes.
Après bien des difficultés
et des moments de découragement la Fédération de l’Habitat
Coopératif de Toronto accepte en fin de compte de main le projet, nous
sommes en 1988.
WITCH = Women in Toronto
Creating Housing
Cette association a été
créée en 1988, en vue de renforcer l’intérêt et le pouvoir des
femmes dans le processus de production du logement. Partant du constat
que les femmes sont majoritairement responsables des enfants, qu’elles
ont des revenus en général plus faibles que ceux des hommes, que l’environnement
urbain et bâti ne leur assure pas de sécurité adéquate, WITCH
intervient auprès de tous les acteurs pour faire modifier les
mentalités et adapter les projets aux besoins réels des femmes, tant
au niveau municipal, provincial et fédéral, qu’auprès des
architectes, des urbanistes, des promoteurs, des chercheurs, des
enseignants, des avocats et des travailleurs sociaux. Il est un fait que
se sont les hommes qui déterminent par exemple l’importance et la
localisation des services communautaires, l’éclairage des rues, l’architecture
et la qualité des bâtiments, la composition des ménages, les
subventions accordées aux associations de quartier, il est donc
primordial que les femmes puissent intervenir à tous ces niveaux.
L’objectif est de créer et
de développer des modèles d’habitat féministes et alternatifs qui
prennent en compte les critères suivants:
1. un habitat conçu du point
de vue des femmes
2. un habitat ouvert sur la
vie communautaire
3. un habitat support qui “autorise”
qui “permette”
4. un habitat qui profite à
ceux qui en ont besoin plutôt qu’à ceux qui sont déjà logés
5. un habitat qui paie
convenablement le travail des femmes
6. qui crée des ressources
susceptibles d’être partagées par les femmes
7. favoriser les échanges d’information
au sein de WITCH
8. multiplier les contacts
avec les autres organisations de femmes
9. s’ouvrir à toutes les
femmes intéressées de près ou de loin à ces problématiques
GLOBAL WOMEN AND SHELTER
NETWORK
Le Réseau du groupe “La
Femme et l’habitat”
Un plan d’action sur la
femme et l’habitat a été lancé à la réunion de la Coalition
Internationale pour l’Habitat tenue à New Dehli en avril 1988. Le
plan d’action des femmes demande qu’un Réseau mondial, “La Femme
et l’habitat”, soit créé a fin de mettre en place des points
focaux régionaux et sous-régionaux pour représenter les intérêts de
la femme dans les organisations à base communautaire à travers le
monde.
Les activités concernant la
mise en application du plan comprennent:
1. La production d’un
bulletin pour disséminer l’information provenant de la base et à l’attention
de celle-ci dans le réseau.
2. La promotion des réunions
et des échanges aux niveau local, national, régional et
interrégional.
3. La production et la
distribution de l’information concernant:
. le droit de la femme d’acquérir
une terre,
. les effets de l’inexistence
du droit de la femme à un logement et aux services de base adéquats
sur le développement national.
. méthodes pour organiser
les femmes de façon à les sensibiliser aux problèmes de l’habitat,
telles que la méthode
de groupes d’étude.
4. L’établissement d’une
campagne pour obtenir des données correctes sur les femmes, et
promouvoir la connaissance
des problèmes concernant la femme et l‘habitat par le canal de l’information
du public, et des matériaux
provenant des donateurs et des gouvernements.
La Femme et l’habitat NAC
Housing Committee, 344 rue Bloor ouest, bureau 505, Toronto,
Ontario M5S 1W9 Canada ou
Women and Shelter Network, P.O. Box 14564, Nairobi, Kenya. |
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