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Baraques Algeco: la construction modulaire Algeco, N°1 européen et français de la Construction Modulaire, est devenu un acteur incontournable sur le marché de la location opérationnelle http://www.algeco.fr/ Transit-City est un programme de réflexions prospectives sur la ville et les modes de vie.
http://www.transit-city.com/ateliers/
Gamme 7000: Modèles dernière génération,
assemblables à l'infini et superposables sur 3 niveaux (R+2).Esthétique
nouvelle : coloris modernes "ton sur ton", ossature gris
clair, revêtement extérieur des panneaux de façade en tôle
gaufrée prélaquée grise, menuiseries aluminium laqué blanc
Algeco c'est aussi:
> la construction
d'établissements de restauration rapide(100 restaurants pour McDonald's)
> l'extension
d'établissements carcéraux.
> Algeco a investi le segment
spécifique des bases-vie (Chantier TGV-Sud-Est, Birmanie,...)
> secteurs de l'événementiel,
des salons et des manifestations sportives
A l'occasion de la Coupe du
Monde de Football, Algeco a fourni plus de 16 000 m2 de bureaux et
locaux techniques sur 11 sites différents.
La revanche d'Algeco
LE MONDE 01.07.03
La célèbre baraque de chantier compose désormais des
constructions durables pour les entreprises et convoite le marché de
l'habitat.
Il est des noms de marque qui se portent tel un
fardeau, auxquels collent comme de la glu des images pas vraiment
reluisantes, impropres à susciter le moindre attendrissement. Dans le
genre, Algeco constitue un archétype, un spécimen de premier ordre.
La société Alliance et gestion commerciale, née en
1955 dans la bonne ville de Mâcon, se spécialisa d'abord dans la
location de wagons-citernes. Elle se consacra ensuite à la fabrication
de modules préconstruits, composés d'une ossature métallique supportant
des panneaux en composite et de la matière isolante, destinés à héberger
les ouvriers du bâtiment.
Les illustres bungalows Algeco étaient nés - le
premier s'appelait "Le Gaulois" - et ils ne tardèrent pas à marquer le
territoire des chantiers urbains qui traînent en longueur, des
baraquements provisoires qui s'éternisent et des zones industrielles
défraîchies. En France, on en recense plus de 100 000.
Au pire, la cabane en Algeco sur-taguée évoque une
ambiance un peu glauque. Au mieux, elle nourrit les plaisanteries
faciles. "Alors, il avance, ton Algeco ?", lance-t-on ironiquement à un
ami pour avoir des nouvelles de la maison qu'il se fait construire.
Cette marque devenue générique évoque une forme (parallélépipède percé
de chiches fenêtres portant barreaux), mais aussi une matière (on parle
d'une casemate "en Algeco") et un concept : celui de la préfabrication
bas de gamme poussée à l'extrême.
CONSTRUCTIONS EN LEGO
Algeco, morne plaine ? Il faut voir. L'icône du BTP a
bien caché son jeu. Aujourd'hui, elle est devenue l'unité de base des
constructions en Lego qui composent nombre de bâtiments modernes, pas
plus moches que les réalisations en béton. Sans toujours le savoir, nous
amenons nos enfants dans des écoles, travaillons dans des locaux ou
dormons dans des hôtels constitués d'emboîtements de modules Algeco.
Florissante (son chiffre d'affaires est passé de 142
à 395 millions d'euros entre 1994 et 2002 pour un confortable résultat
net de 32 millions d'euros), la société Algeco, devenue filiale du
groupe allemand TUI, est cotée en Bourse et ne réalise plus qu'un tiers
de son activité en louant des cabanes de chantier.
Son principal métier, désormais, consiste à fournir
des caissons d'environ vingt mètres carrés afin de réaliser des
constructions pérennes. Parmi ses dernières réalisations figurent un
centre administratif à Saint-Nazaire, un lycée à Versailles, un hôtel
pour Nouvelles Frontières en Grèce, un gymnase ainsi qu'une crèche en
Espagne, les cabines d'un paquebot de luxe, des ensembles de bureaux
pour plusieurs entreprises, et même une prison à New York.
Certains collèges Algeco apparaissent assez sinistres
mais la plupart des réalisations ne sont pas vilaines, quelquefois assez
réussies. Les parois extérieures sont souvent recouvertes de bois, de
verre ou d'aluminium. A l'intérieur, patios, éclairages et câblage
bureautique sont déjà prévus.
Les structures modulaires ne reviennent pas moins
cher que les constructions classiques, mais elles présentent le double
avantage d'être assemblées dans des délais plus courts, moins
aléatoires, et, surtout, de pouvoir se redéployer.
Généralement loué, un bâtiment en "kit" s'agrandit,
se réduit et déménage si nécessaire vers un autre lieu. Plusieurs
fabricants d'électronique (Gemplus ou STMicro) ont ainsi composé des
établissements facilement adaptables aux aléas de la conjoncture. La
construction en modules peut aussi offrir de la souplesse pour varier
les capacités d'accueil des écoles selon l'évolution de la démographie
scolaire.
La plupart des McDonald's des périphéries sont des
assemblages Algeco, livrés avec tables et banquettes prémontés. "Nous
allons dans le sens de l'histoire, assure Bertrand Quenot, directeur des
constructions modulaires de la société. Les entreprises cherchent
surtout à éviter les investissements immobiliers lourds, qui les
engagent pour des années, alors que l'avenir n'est lisible qu'à moyen
terme."
ESPACE À LA CARTE
Cette percée du préfabriqué dans l'immobilier
professionnel a fini par attirer l'attention des architectes. "Les
entreprises deviennent aussi nomades que leurs cadres, observe le
consultant François Bellanger (Transit-City). La vision de l'habitat
modulable, née dans les années 1960 mais tombée dans l'oubli, réapparaît
et commence à secouer les milieux très conventionnels de l'architecture
et du bâtiment. Le secteur du logement va forcément s'y intéresser."
L'artiste plasticien Alain Bublex, qui imagine une
sorte d'Algeco City - maillage d'immeubles prolongés et reliés par des
constructions démontables -, assure que "l'habitat à géométrie variable
correspond à des aspirations que l'on voit émerger, notamment, parmi les
trentenaires".
Flattée par tant d'intérêt, l'entreprise fait les
yeux doux aux offices HLM et se verrait bien participer aux opérations
de reconversion de l'habitat, trop vertical, de certaines banlieues.
Ainsi a-t-elle proposé aux élèves de l'école Camondo et de l'Ecole
d'architecture Paris-Malaquais de s'interroger sur les possibles
applications du parallélépipède Ageco "en tant que matière première
constructive". Tout un programme.
Parmi les propositions, on relève pêle-mêle un "Algeco
sacré" (une mosquée à Paris, "ouverte sur la rue"), un "Algeco de luxe"
(un hall d'exposition pour grandes marques utilisant des modules de base
"customisés" mis en valeur par une façade en verre), une "couche habitée
supplémentaire" sur les toits d'immeubles anciens ou un "pavillon Algeco"
offrant une répartition de l'espace à la carte.
Encore plus audacieux, l'immeuble flexible se
présente comme une structure sur laquelle se greffent des modules
parallélépipédiques "dans une cohabitation esthétique et fonctionnelle
heureuse".
De là à imaginer un engouement pour la maison
modulaire, il y a un pas que l'on ne saurait franchir. "Notre nom
continue d'incarner la baraque de chantier, admet Olivier Quenot. Dans
une entreprise, l'annonce d'un emménagement dans une structure Algeco
n'est pas accueillie comme une bonne nouvelle par les salariés. Il faut
faire avec."
Jean-Michel Normand
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 02.07.03 |
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